Vert Santé

La Santé par les plantes

Manger de l’orange l’était certainement lorsque j’avais dix ans

L’oranger a toujours eu pour moi la séduction des fruits de la fête: on n’en mangeait guère qu’à Noël, dans les campagnes, et le beau fruit mûri au soleil de l’Espagne, du Maroc ou de l’Italie a toujours été associé dans mon esprit aux cadeaux, aux chocolats, au papillotes, à la joie, et aux rires d’anges des enfants comblés…

Oui comme le chantait Gilbert Bécaud :

moi qui n’étais guère comblé, j’avoue avoir « volé l’orange du marchand », à l’étalage; la douceur infinie du jus sucré qui coulait dans ma bouche se doublait alors de la saveur toute particulière du « péché », de la transgression de l’interdit… Mais après tout, qui aurait la cruauté de punir un enfant pauvre d’une joie saine ?

Manger de l’orange l’était certainement lorsque j’avais dix ans. Je n’en dirais plus autant aujourd’hui. La sagesse populaire veut certes que le jus de ce fruit soit de l’or le matin, de l’argent à midi et du bronze le soir. Mais la sagesse populaire ne sait rien des insecticides dont on asperge les arbres dès les premiers bourgeons du printemps, ni des « conservateurs » (diphényle, etc.); prétendument inoffensifs, dont on arrose abondamment les agrumes (ou même qu’on leur injecte à la seringue) après la récolte. La pollution chimique des orangers est telle, à l’heure actuelle, que tout ce que je vais dire des merveilleuses vertus de ces arbres se trouve sérieusement mis en question par la folie des hommes -la folie des rendements, la folie de l’asservissement de la nature, la folie de la destruction pour le profit immédiat…

Il existe de nombreuses espèces d’orangers, qui ont toutes leur utilité, soit pour la production de fruit, soit comme plantes médicinales.

L’Oranger

Oranger
A l’oranger vrai, il faut en effet ajouter l’oranger amer ou bigaradier, la bergamote (au fruit jaune pâle, très amer et immangeable), et le pamplemousse (dont le fruit énorme, jaune citron, blanc, rosé ou rouge, pèse parfois plus de 8kg). Toutes ces espèces ont des vertus voisines; on en utilise les feuilles, les fleurs, les fruits, les jus, l’écorce et l’essence. Plutôt que d’acheter tous ces ingrédients en herboristerie (fruits évidemment mis à part), où ils proviennent de régions qui souffrent de trop d’aspersions d’insecticides (je n’hésiterai pas à dire que la fleur d’oranger du commerce est maintenant un véritable poison), essayez, si le climat de votre contrée vous le permet, de planter un oranger dans votre jardin… C’est un régal pour l’oeil… et pour le palais, si le soleil est au rendez-vous pour mûrir les fruits.

Les feuilles d’oranger

Les feuilles d’oranger (qui devraient être celles du bigaradier, plus actives, dans les magasins de plantes, mais qui sont souvent mêlées de feuilles d’oranger vrai ou même de feuilles de citronnier … toutes polluées, d’ailleurs), se révèlent calmantes et antispasmodiques. Les nerveux, les angoissés, les asthmatiques, les individus sujets aux migraines d’origine nerveuses, les neurasthéniques, les insomniaques, les hystériques et les épileptiques, auront intérêt à en user largement. Ces feuilles se montrent encore capables de faire tomber la fièvre; elles provoquent la sueur; elles constituent un excellent vermifuge; elles aident le travail de l’estomac; et elles sont toniques.

Les fleurs d’oranger

Celles du bigaradier sont là encore les plus actives, elles présentent 5 pétales immaculés, criblés de minuscules glandes sécrétrices, d’ù s’exhale un parfum suave. On en tire une eau essentiellement calmante et antispasmodique. C’est même le meilleur calmant connu pour les anxieux et les angoissés, ceux dont le coeur s’affole à la moindre émotion, ceux qui n’arrivent pas à trouver le sommeil, les névrosés, les hystériques, les agités, tous ceux-là sont justiciables de la fleur d’oranger. Quant à l’essence que l’on tire également de cette fleur, et qu’on appelle souvent essence de néroli, elle sert essentiellement en parfumerie. Son nom rappelle celui de la femme de Flavio Orsini, prince de Neroli. Celle-ci en faisait un usage quasi immodéré, et elle introduisit la préparation en France au XVIIe siècle.

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